jeudi 26 août 2010

God save the cuisine!

Masterchef version US.
Parmi tous les vices qui me hantent, il y'en a un qui prend souvent le dessus sur moi : le manger. J'ai bien dit LE manger. Pas uniquement manger. J'aime évidemment bien manger, et surtout j'aime bien bien manger. Mais je pousse ledit vice à m'intéresser aux produits, aux techniques, aux chefs, etc.
J'aime bien aussi les Etats-Unis. Pour y avoir vécu un an, je sais que le manger y est quelque peu maltraité. Ne vous méprenez pas, même si thisiswhyyourefat me vend du rêve, c'est bien la cuisine du quotidien qui pour les américains est d'un vide insondable. On fait aux Etats-Unis les hamburgers et les chilis les plus déments du monde, mais quand il s'agit de faire quelque chose d'un peu plus sophistiqué qu'un gumbo, il y'a de quoi se faire quelques sushis (kikoolol le jeu de mots de la honte...).
Il y'avait pourtant une lueur d'espoir avec la démocratisation de la cuisine de tous les jours dans les médias, avec des personnages comme Mark "The Minimalist" Bittman au New York Times (regardez la vidéo, il est bon !), ou une British Invasion signée Gordon Ramsay ou encore Jamie Oliver sur TED, venu apprendre aux enfants américains ce qu'est une tomate, puisqu'ils sont éduqués au fast-food (attention : ce lien pique les yeux). Et même si cela reste l'apanage des grandes villes, il y'a une dynamique, des amateurs, des pros, des critiques, des foodies. Ca bouge chez l'Oncle Tom. Je vous rappelle qu'on parle quand même du pays qui sous l'administration Reagan était à deux doigts de reclasser le ketchup comme un légume pour permettre aux cantines scolaires de faire l'économie d'une portion de légumes par repas.
Et pourtant, il arrive encore que tout s'effondre dans un grand LOL : nous sommes sur The Food Network, la grande chaine de télévision culinaire américaine. Le grand vecteur de la démocratisation du bien manger. Et voilà que Robin Miller, cliché de la ménagère américaine contemporaine, sourire figé comme une sauce froide, yeux ébahis genre tarsier embroché, vient nous proposer une recette de salade, qui ferait passer le plus empoté d'entre nous pour Pierre Gagnaire.
Instructions :
- Lisez la recette (oui, c'est le truc qui fait quatre lignes, là).
- Lolez une première fois en notant qu'une connasse payée une fortune propose dans une émission de télévision une recette qui ferait passer un plat de pâtes au jambon pour du Bocuse.
- Lisez les commentaires doucement ironiques des internautes.
- Lolez à nouveau.
- C'est prêt !
Enfin, on rigole, mais pendant ce temps là, d'autres ne savent toujours pas à quoi sert un mixer (même si sur ce coup, je leur dis un grand merci).

vendredi 13 août 2010

La minute gangster...

...vous est présentée par Canal J.

Un banal reportage peut parfois cacher un gros LOL.
Tout commence pourtant bien. Nous sommes à Huntsville, en Alabama, et une sympathique histoire de viol nous est présentée par un Kent Brockman local sur une chaîne de télé toute aussi locale. Une reporter nous explique ce qu'il s'est passé, puis on montre des images du lieu, on nous présente la victime, puis on l'interviewe, le tout en mode ghetto-ghetto. Rien de plus lambda. On pourrait presque se croire sur TF1, avec un Jean-Pierre Pernaut parlant de la recrudescence des vols à la tire dans la petite bourgade de Trécon.

Sauf que, vers la minute de vidéo, c'est le LOL. C'est déjà un phénomène sur le net, et on ne compte plus les remixes, comme ce superbe
auto-tune remix. Je vous laisse donc découvrir par vous-même LA MINUTE GANGSTA, avec Antoine Dodson (qui a déjà son article Wikipedia).

lundi 9 août 2010

Kinder und Internet

Le Web est une formidable machine à réponses, et ce n’est pas notre (ma) (votre) génération qui me contredira. Ah…qu’il est loin, le temps des exposés préparés à la lueur vacillante d’une lampe de table de bibliothèque. Les rats ont pris la souris, et ont troqué les manuels contre les moteurs de recherche. Ils sont passés, alors que leurs enfants sont entrés, dans une période de modernité, de technologie, mais une période, aussi, de désillusions.

De désillusions ? Voyons voir…

Paul, 8 ans, adorable bambin débrouillard et curieux, se pose une éternelle question, à laquelle, il le sent et le sait (
dédicace), ses parents ne répondent que par des explications à la bite-me-the-dick et autres métaphores obscures et louches. Le petit Paul (dédicace) décide donc d’ouvrir le Dell de papa et d’aller sur Internet. Paul connaît, bien sûr, la manipulation depuis ses trois ans : il est fini, le temps où les parents connectaient leurs enfants sur les sites ludo-éducatifs de Dora. Ce sont les enfants, maintenant, qui connectent leurs parents.
Bref, Paul - déjà au courant de l’augmentation moyenne de la longueur des itinéraires demandés sur Google Maps entre la semaine et le week end (11km) - se rend sur Google, afin d’y trouver une nouvelle réponse : comment fait-on les bébés ?
Heureusement, Paul ne trouve qu’une
réponse en image (hééééé, pas de pornographie ici) et rien de trop explicite.
Mais supposons maintenant que Paul ait été anglais et se soit appelé Brandon. Dans la langue de Shakespeare, Paul aurait trouvé
cette réponse, beaucoup plus terre-à-terre.

C’est là où le bât blesse : Paul aura forcément, du haut de ses huit ans, la réponse à la plupart de ses questions. Sur les 1,73 milliards d’internautes voguant sur quelques 54 millions de sites web réellement actifs, les enfants ne sont pas recensés, du moins pas ceux en dessous de 11 ans.
Une étude américaine a pourtant estimé qu’environ 16 millions de petits américains se connectaient au web chaque jour en 2009 ! Ces 16 millions ont donc, à priori, accès à tout et n’importe quoi sur le Net…

Mais Internet, ça n’est pas que de la culture, c’est aussi de l’entertaining. Ils sont aussi nombreux, les enfants en dessous de 11 ans, à jouer en ligne grâce au Net. FPS, jeux de stratégies ou de réflexion, l’accès aux jeux en ligne est aussi le vecteur de contenus parfois choquants pour de jeunes esprits…et peut mener à certains débordements de la part de ces derniers ! Souvenez-vous, c’était il y a quelques années…