mercredi 21 septembre 2011

Reality Hits You Hard Bro !

Parce que l'EPICier se souci de votre santé, nous espérons que vous n'avez jamais été dans un Car Crash.

Ceci étant dit, et pour tous ceux qui serait curieux de savoir à quoi cela ressemble, un victime d'un récent carambolage témoigne.

Evidemment il est américain, évidemment il est complètement fêlé, évidemment ce n'est pas dû à une commotion suite à l'accident sus-mentionné (oulah à croire que j'ai mangé de l'avocat ce soir) [NDLR : ce jeu de mot n'est ni dédicacé ni sponsorisé par Jean Roucas !]

Deux choses encore : il s'appelle Georges, et Georges à un chouette chapeau. 

c'est LA video du jour !
BAAAAAM !

lundi 5 septembre 2011

Back To (Old) School!


Woot Woot ! C’est déjà le mois de septembre et il est temps de vous annoncer le grand retour de vos blogueurs préférés, absents – nous en convenons – depuis bien trop longtemps. Nous revoilà, avec notre capharnaüm chronophage et notre gouaille.
Septembre, c’est également la rentrée et ça c’est aussi funky qu’un single d’Earth Wind & Fire. Vous comptiez sur nous, vous ne serez pas déçus : nous allons faire en sorte que cette reprise soit aussi inefficace que possible.Et aujourd’hui, nous allons parler retrogaming.retrogaming [‘retrəʊgeɪmɪŋ] n.m. : loisir consistant à collectionner et/ou à jouer à de vieux jeux vidéos.Pour ceux qui ont du mal, on parle des aficionados des vieilles consoles (Atari 2600, Nintendo Entertainment System, Sega Master System, etc.) et des personnages cultes des grandes maisons du jeu vidéo : Pac-Man, Mega Man, Space Invaders, Mario, Zelda, etc.). Cette mode a même envahi nos rues et nos écrans, via le street art et les clips.
Pour tous ceux qui reprennent avec amertume le chemin du bureau, retrouvez le sourire ! Vous allez pouvoir vous adonner à une nouvelle discipline pendant votre pause-café / déjeuner / temps de pignola… euh, trava… non. Bon, pendant que votre boss aura le dos tourné. Je parle bien sûr de la Post-It War. Vous ne savez pas de quoi il s’agit ? Regardez un peu les baies vitrées de vos voisins d’en face. Ne voyez-vous pas fleurir des dizaines de petits personnages tout pixélisés ? Regardez d’un peu plus près (n’utilisez pas de jumelles si vous bossez en face d’une agence de mannequins – ce serait bizarre – ou alors ne regardez pas que les dessins dans ce cas) et vous constaterez avec effarement que ces dessins sont faits de post-its. De dizaines, que dis-je, de centaines de post-its ! Mais ne vous méprenez pas : c’est une guerre et si vos voisins ont déjà couverts leurs carreaux de portraits plus ou moins convaincants de Zelda ou de Pikachu, vous êtes déjà en train de la perdre ! Alors faites preuve d’un peu de fierté, que diable ! Allez dévaliser la réserve et faites preuve d’audace ! Les plus belles œuvres s’étendent parfois sur plusieurs étages. Et n’oubliez pas : si jamais votre patron passe vous demander le dossier Duschmoll et tombe nez-à-nez avec votre équipe de post-it warriors en pleine action, affirmez avec aplomb qu’il s’agit d’un exercice de team-building. Si c’est vraiment un trou du cul, il vous augmentera. Ne nous remerciez pas.
Si jamais votre patron est un être sensé et considère la Post-It War à sa juste valeur, id est une formidable vitrine de la flemmardise de ses employés, il coupera les ponts avec son fournisseur de notes adhésives et fournira à chacun un bloc-notes en papier recyclé.
Que faire maintenant que vous êtes condamnés à river votre regard sur l’écran de votre ordinateur ? Vous ne travaillez pas dans la pub et il n’y a donc pas de consoles de jeu dans l’open-space (n’importe quoi ces pubards…) ? Alors foncez sur ce site : Pica Pic ! Vous y retrouverez plusieurs des premiers jeux portables qui ont fait le bonheur des gamins des années 80, tout particulièrement ceux de la série des Game & Watch de Nintendo. Vous devriez rapidement être accro, dès que vous aurez compris comment fonctionnent chacun de ces jeux, mais pensez à couper le son, qui pourrait transformer n’importe lequel de vos voisins d’open-space en violent psychopathe.Là-dessus, le mec de l’informatique, qui surveille vos activités de près, alerte votre patron. Celui-ci entre alors dans votre bureau. Soit il a moins de 30 ans et il vous donnera une prime rien que pour que vous lui donniez le lien. Soit il a plus de 30 ans et vous aurez droit à un blâme.Quelle solution vous reste-il ? Vous pourrez toujours essayer de feinter le responsable du réseau informatique en allant sur un site dont le nom n’évoquera rien de plus chez lui qu’un vague WTF (sauf si c'est un immigré tchéchène) : Музей советскиx игровых автоматов. Ce fantastique site russe est celui du Musée des Jeux d’Arcade Soviétiques. Et devinez quoi ? Vous pourrez y jouer à quatre des jeux présentés dans le musée et là vous serez vraiment le plus gros hipster de la boîte. Les sons sont dignes de Kraftwerk, les graphismes ultra-minimalistes et il est même possible de jouer à deux sur certains jeux. Maintenant, démerdez-vous pour comprendre comment jouer : il paraît que les vrais hipsters savent comment faire.Maintenant que vous avez transformé votre étage en club berlinois grâce au son à fond et à tous vos collègues amassés autour de votre poste, votre boss décide de vous restreindre aux sites aussi basiques que la techno dont vous emplissiez votre box. En gros, il vous reste Google. Si vous avez de la chance, il vous reste aussi YouTube. Dans ce cas-là, tout n’est pas perdu. Choisissez une vidéo, n’importe laquelle mais de préférence un truc qui fasse sérieux et chiant, comme par exemple une interview de Laurence Parisot, puis suivez cette procédure :
- Mettez sur pause.
- Gardez la flèche gauche de votre clavier enfoncée pendant trois secondes.
- En maintenant cette touche enfoncée, appuyez sur la flèche du haut ou du bas.

Voilà, vous jouez à Snake !

Si tout ça ne suffit pas à faire de vous un vrai branleur en cette rentrée 2011, vous n’avez plus qu’une solution : restez naturel. Sinon, jouez là par l’absurde en jouant à Untris. Quand votre boss rentrera dans votre bureau, vous aurez deux possibilités s’il vous demande « Mais, vous jouez à Tetris au bureau ? » : vous lui dites « Non, ce n’est pas Tetris. » (ce qui est ma foi vrai) et vous attendez sa prochaine réplique, soit il a plus de 55 ans et dans ce cas, vous pourrez toujours arriver à lui faire croire qu’il s’agit d’un tableau Excel.
Si vous n’êtes pas le kid le plus cool de l’open-space en cette rentrée des classes, vous pourrez toujours aller faire votre shopping de rentrée sur ThingsThatLookLikeOtherThings pour faire le plein de matériel de bureau sympathique : crayons, pot à crayons, taille-crayons… Are you ready to go back to school, now?

mercredi 6 juillet 2011

#Bibliolefebvre 2 : lis tes ratures

Aujourd'hui l'EPICier va pousser un gros coup de gueule. En effet, en ces temps de frivolité où l'actualité est aussi légère à digérer qu'un Mega Tamago , il nous fallait retrouver des nécessaires valeurs de sérieux et d'authenticité. de quoi je parle ?

D'UN LIVRE, évidemment.
Or qui dit livre dit Bibliothèque, qui dit Bibliothèque dit Frederic Lefebvre. Si vous n'avez pas compris ce raccourci historique, un petit rappel tout bien expliqué dans l'ordre pour les néophytes, même si c'est à base de Twitter, dispo ici


Et si vous avez 7 Minutes 51 à perdre, voici une Compil' :



Néanmoins le coup de gueule n'est pas là. il réside davantage dans la volonté affichée de redémontrer le sérieux littéraire de l'auteur.... pour ceux qui se sont perdu dans la phrase précédente mon conseil est le suivant : ne faites jamais, JAMAIS de pub vidéo pour un livre.

JAMAIS


Le Mieux est l'ami du bien - Frédéric Lefebvre von fredericlefebvre

mercredi 15 juin 2011

Hamburg'Air Max

On vous avait manqué ?

Bon ben on va au moins faire comme si, et du coup vous on vous remet une couche de nos passions favorites: aujourd'hui on commence par les hamburgers, et, alors que je partais hier en quête du meilleur Burger de tout Cologne (oui oui en Allemagne), avec des Burger qui goutent et ou la Bacon est vraiment grillé.

Du coup je suis tombé sur Beef Brothers. Si mon histoire s’arrêtait la, ce post n'aurait pas plus d’intérêt qu'un statut facebook.

Heureusement, c'est un peu plus classe que çà : il y a peu le chef du resto (oui les gens qui font des burgers sont des chefs cuisinier) au doux nom de Henning Hüttner à créé lors d'un happening pour un magazine de sneaker une réplique toute en viande hachée d'une Air Max 90!

et le tout est par ici !

Bonne vidéo



Ah oui ! et en plus c'est délicieux !

lundi 18 avril 2011

Fuck Me I'm Famous

Devenez célèbre, mode d'emploi !

Vous êtes lassés que la saisie semi-automatique de Google ne propose votre nom qu'en dernier recours ?
De devoir descendre vos poubelles comme tout le monde ?
De ne pas dépasser les 500 amis sur Facebook ?

L'EPICier a pour vous la solution : devenez célèbre !
Voici quelques pistes de réflexion, absurdes (ou non !) pour vous aider à devenir une superstar-même-mieux-que-Justin-Bieber (bon sang, on ne peut le laisser un peu où il est celui-là ! -On y reviendra-)

- Envisagez de vous mettre à la musique. Piano, guitare, peu importe. Ca vous parait compliqué ? Comme l'a prouvé de manière assez EPIC le groupe Axis Of Awesome, visiblement pas tant que ça... Pas moins de 38 groupes/chanteurs(teuses) en prennent pour leur grade.



Niveau de célébrité possible : infini

- Grognez contre un sujet d'actualité et changez votre nom : Philippe Vénère, ancien commissaire, publie une violente critique contre l'impôt policier. Ca ne s'invente pas.

Seuil de célébrité possible : selon la crédibilité du sujet et du nom

- Devenez sosie, de préférence de quelqu'un de connu : Justin Bieber, encore lui, a pu constater qu'il n'était pas irremplaçable...



Niveau de célébrité possible : illimité, mais temporaire

- Ah oui, autre tuyau. Pas forcément besoin de produire de la bonne musique, de bonnes paroles suffisent. Au pire analysées et décortiquées, voire même étudiées, elles pourront tout de même vous garantir un certain succès. L'exemple parfait est K-Maro.

Seuil de célébrité possible : malheureusement assez fort

- Reprenez des chansons, de préférences connues. De manière assez drôle, si possible :



Niveau de célébrité possible : illimité, mais temporaire.

- Pour un niveau de célébrité infini mais limité à votre cercle familial et à quelques fans, voici un dernier tuyau :




Malgré tout, un article de blog vous donnant des conseils pour devenir célèbre ne sera jamais aussi précieux que les sources suivantes : ça, ça, ça et ça.

mardi 5 avril 2011

Un site qui va trop loin [In the Butt]

Vous aimez l'humour ?
Si non, veuillez quitter ce blog.

Si oui ? TANT MIEUX! Nous aussi !


On pourrait évidemment parler d'
humour engagé, mais nous ce qu'on préfère c'est l'humour absurde, répétitif, et sale.

Alors évidemment on s'amuse extremement souvent à coup de "c'est toi la"
ex:

A: tu me passes la gourde?

B: C'est toi la gourde.
A: t'es vraiment trop con
B: C'est toi le con


jusqu'à ce que mort s'en suive

"That's what she said"

A: This lasts way too long
B: That's what she said!


Mais le All Time Favorite, le Must, la Creme sur le McDo reste le DTC. Le probleme ? DTC est trop classique, tellement mainstream aujourd'hui que meme ma grande mere pourrait arriver à le placer dans son club des Chiffres et des Lettres.

Alors pour dépoussiérer un peu le DTC, voici un petit Tumblr qui va, je l'éspère, vous redonner la banane [in the butt].



Because everything is funnier in the butt

vendredi 1 avril 2011

Arrivage pas frais (partie 3)

L'EPICerie, rayon musique : les albums 2010, partie 3

Petit sentiment d’inachevé au moment de refermer cette chronique : j’aurais voulu peaufiner la sélection et écouter plus d’albums. Bon bilan, cependant : l’EPICerie musicale, ce fut :

-384, 32 heures d’écoute musicale
-127 utilisations de la touche « mute » pour squizzer les pubs Deezer
-Une prise jack de Mac Book achevée
-Une playlist Deezer pour récapituler l’ensemble de l’article

En espérant qu’il vous ait plu !

Q comme Quincy Jones, trompettiste et producteur virtuose, à la biographie plus qu’hors normes. Il arrangea, entre autres, des albums pour Jacques Brel, Franck Sinatra, Ray Charles –avec qui il forma un groupe-, Sarah Vaughan… Il produira les albums Off The Wall et Thriller de Mickael Jackson.

Sa carrière solo est néanmoins très intéressante, et est réédité en 2010 « The Birth Of A Band », l’édition complète d’un album de 1959, les jeunes années de l’artiste. S’il se tournera vers le funk tardivement, ses premiers albums sont résolument jazz/swing.


R comme Bad Religion, qui fête cette année ses 30 ans d’existence. Hormis mes souvenirs adolescents de parties endiablées de Tony Hawk Pro Skater 2, Bad Religion, c’est aussi le groupe qui est à la base du punk californien tel qu’on le connaît maintenant, et mieux encore si l’on est fan d’American Pie. C’est aussi un groupe qui vieillit bien, à l’image du dernier opus, The Dissent Of A Man.



S comme Syd Matters, groupe bordelais français donc, mais qui chante en anglais. Qui distille aussi un folk aérien mais jamais mielleux, ponctué d’intonations électroniques, et de belles envolées lyriques. Le quatrième album de Syd Matters s’appelle Brotherocean, et on peut écouter sans s’en lasser A Robbery.



T comme Tiken Jah Fakoly et son « African Revolution », qui nous prouve que le reggae peut être vecteur de revendications, et comme le folk à une époque, donner lieu à de très bonnes protest songs. On est bien loin des rythmiques de Bob Marley, le style est africain, la musique est inspirée, et les textes efficaces au possible.



U comme Uffie. C’est électro/dancefloor, mais trop ou trop peu me semble-t-il pour passer sur Fun Radio ou NRJ (ça y passe peut-être cela étant dit). Trop incongrue pour être radiophonique, Uffie, de par sa musique (on est proche parfois de MIA dans les instrumentations) ou et ses collaborations avec Mr Oizo et Justice, sort des sentiers battus de l’électronique : quand un refrain qui peut sembler enfantin et naïf se met en place, il est immédiatement interrompu par un scratch bien nerveux ou un loop techno. On peut (re)découvrir Pop The Glock notamment sur Sex Dreams and Denim Jeans.



V comme Vampire Weekend. D’accord. Et c’est Ad qui vous en fera la chronique la semaine prochaine.



W comme We Are Scientists et Barbara. Un bon rock efficace, aux accents brit pop.


X comme deux fois X, ou les XX. The XX, ou la suite d’un rock minimal en duo, enclenché ou réenclenché il y a quelques années par le groupe The Kills. Les anglais proposent un son plus atmosphérique et plus épuré encore que VV et Hotel, mais la jeunesse de Romy Madley Croft et Olivier Sim n’a d’égal que leur talent. Quelques perles dans l’album éponyme, dont Crystalized.



Y comme Neil Young, encore là en 2010, comme depuis 1965. La base est rock, l’arrangement est signé Daniel Lanois, la superstar de la production québécoise (on lui doit les arrangements d’albums de U2, Bob Dylan, Nick Cave, Brian Eno, Peter Gabriel entre autres), la voix de Neil Young reste unique. Le Noise restera culte, vraisemblablement.



Z comme Zimmerman, Robert, ou Bob, Dylan éventuellement. Pas d'actualité disque en 2010 mais l'ami Bob continue de tourner, encore, et de faire tourner les têtes. L'amour de la scène, sans doute, mieux que toutes les drogues qu'il a pu essayer au cours de sa (très) longue carrière. Il faut se souvenir qu'en 2007, malgré ses 60 ans bien tassés, il sortit un album de blues/folk plutôt réussi, Modern Times, qu'il allait ensuite expérimenter sur scène.


Et voilà, the music is over... Pour le moment !

jeudi 31 mars 2011

Wonderful Train Fights : WTF ?

Fuyez, pauvres fous !

En très bref, Strasbourg est parfois pleine de surprise. C'est la réflexion qu'ont du se faire les quelques touristes strasbourgeois présents dans le petit train touristique strasbourgeois, attaqués par Les Improvisateurs, troupe venue célébrer comme il se doit le lancement prochain du Mondial d'Improvisation Professionnel.
WTF de la semaine.


L'attaque du petit train : Mondial de l'impro...

mardi 29 mars 2011

Retournés comme une Creep !

Radiohead vs. Radio Eds

Ce soir, décidément, c'est assiette anglaise. Nous demeurons au pays de Liz#2 pour vous parler du plus beau pied de nez de ce mois de mars.

Comme vous le savez grâce à l'EPICier, Radiohead a sorti son nouvel album, The King of Limbs, il y a quelques semaines. Nous en avions fait la critique et le tour. A un détail près.

Bien qu'ayant parlé de la politique de distribution choisie par Radiohead pour cet album, nous n'avions pas pris le temps de nous attarder sur les différents formats disponibles à l'achat, et en particulier sur cette fameuse "newspaper edition".

Alors comme ça, Radiohead se lance dans le journalisme ? Il faudrait peut-être y croire puisque cette "newspaper version" n'était qu'un début. Toujours en quête d'un bon buzz, Radiohead a ainsi décidé de sortir une version de son propre journal, The Universal Sigh, à travers le monde le lundi 28 mars 2011. Distribué gratuitement à des endroits bien précis, tel un vulgaire Metro ou un non moins vulgaire 20 Minutes, ce journal est en réalité un patchwork de poèmes et d'histoires courtes, que vous pouvez lire sur Stereogum.



Sauf que voilà : quid des réactions des journalistes ? Que penser, en tant que professionnel de la presse, d'un papier sorti par cinq musiciens, aussi doués soient-ils ? Quand on est un journaliste anglais, on a beau la jouer stiff upper lip, il ne faut pas non plus prendre les gens pour des jambons d'York !

Ainsi, des journalistes du très sérieux Guardian ont voulu prendre Radiohead à leur propre jeu, en s'improvisant groupe de musique et en reprenant Creep ! Le résultat est à écouter là et c'est fichtrement bien !

C'est aussi en regardant le petit diaporama concocté par leurs soins que j'ai noté un détail plutôt cocasse. Les fans le sauront déjà sûrement, mais qu'importe. Regardez bien sur la partition que l'on voit au tout début. Les noms des auteurs de Creep sont tous répertoriés. On reconnaît bien évidemment les cinq derniers, autrement dit les membres de Radiohead : Thomas Yorke, Richard Greenwood, Philip Selway, Colin Greenwood et Edward O'Brien. Mais il y en a deux autres : Mike Hazelwood et Albert Hammond.

Pourquoi ? Parce que Creep ressemble quand même beaucoup à ça :



Comparez !


Alors ça vous laisse sur le séant ? Pareil pour moi. Et pour info, ce bon vieux Albert Hammond, c'est le père de (oh la la, comme c'est dur) : Albert Hammond Jr, aka le guitariste rythmique des Strokes ! Les Strokes dont je ne pourrai que vous recommander l'écoute du nouvel album, Angles. Comme quoi, Radiohead et les Strokes ne sont finalement séparés que d'un Sol, d'un Si, d'un Do et d'un Do mineur...

God Save The Kitch!

Union Jackasses.

Après maintes discussions avec certains de nos lecteurs, j'ai décidé de revenir à des articles un peu plus n'imp'. Mais ce blog reste mon blog et je vais donc continuer à parler de choses que j'aime mais en y mettant un peu plus de WTF.

Alors aujourd'hui, je vais vous parler du Royaume-Uni. Mis à part ses pubs et leurs menus improbables mêlant friture et plats traditionnels indiens, le royaume est aussi connu pour deux choses : le bon goût des britanniques pour ce qui est de la musique et leur intérêt quasi-malsain pour la vie de leur famille royale.

Ainsi, comme me le rappelait ce bon vieux Ju ce matin au détour d'un trajet en voiture, le mariage du Prince William de Galles et de Kate Middleton, c'est pour bientôt : dans un mois jour pour jour. Formidable. Inutile de préciser que tout le pays se prépare à célébrer cette union, à pleurer lors de l'échange des alliances, mais surtout à passer à la caisse. Memorabilia oblige.

La puce m'a été mise à l'oreille par la fantastique Pénélope Jolicoeur, qui en plus de ses talents d'illustratrice a su dénicher le superbe sac que vous trouverez en bas de ce billet très londonien. Oui, ce sac réussit le tour de force d'être à la fois la cause et la solution à de violents vomissements.

En bon EPICier, que ne me suis-je pas immédiatement dit qu'il devait sûrement déjà exister un site répertoriant tous les objets de collection les plus atroces créés à l'occasion de ce mariage, et mon instinct ne m'a pas trompé puisque ce musée des horreurs est venu à moi de lui-même. Ainsi, au détour d'une page du Daily Mail, voilà ce que j'ai dégoté (ne manquez surtout pas les infâmes cygnes en porcelaine qui piquent les yeux) !

Le pire dans tout ça, c'est peut-être le fait que la famille royale s'enrichisse sur le dos de ses sujets, puisque ce sont les époux eux-mêmes qui ont donné leur accord pour l'utilisation de leur image sur ces souvenirs qui feront bel et bien partie de la Royal Collection. Le Lord Chambellan a même prolongé la liste initiale des objets estampillés, mais en a écarté les t-shirts, les tabliers et les coussins, les jugeant - eux - de mauvais goût... (sic)

Grande nouvelle, donc : vous pouvez vous aussi renflouer les caisses de la monarchie des Windsor en faisant l'acquisition d'un mug moche ! Mazel-tov !

mardi 22 mars 2011

Arrivage pas frais (partie 2)

L'EPICerie, rayon musique : les albums 2010, partie 2


K comme Kings Of Leon. Come Around Sundown est passé relativement inaperçu mais l’album s’inscrit dans la droite lignée du formidable Only By The Night. Il en est un successeur naturel : synthés en nappes, guitare minutieuse, batterie accentuée en delay (Nathan Followill est toujours aussi inspiré), et depuis deux albums tout est une question d’équilibre chez les Kings Of Leon, entre les interventions de la basse, de la guitare et du chant.

L comme LCD Soundsystem. Je vois, à tort peut-être, une lointaine parenté de This Is Happening avec Depeche Mode, époque Playing The Angel, dans la manière d’appréhender les sons digitaux. Pour le reste, l’approche est clairement plus rythmique et basée sur des gimmicks de batterie (ou de voix) et l’album du new-yorkais James Murphy fonctionne à l’énergie, hormis quelques titres qui viennent ponctuer l’opus (la très strokesienne All I Want) de manière assez mélodique.


M comme Muse. Ok, Muse est maintenant au panthéon des grands groupes de rock. Au même titre que le récent Kings Of Limbs de Radiohead, The Resistance a fait débat : comment se réinventer, quand le public attend un renouveau à chaque album, sans en perdre son identité ? Beaucoup décrié, The Resistance reste du Muse, et du très bon ; certes, Matthew Bellamy reste et restera mégalo. Il veut être le premier à jouer dans l’espace (il compte sur Richard Branson). Alors, il explore.

Ces explorations (groove/r’n’b sur Undisclosed Desire, musique classique sur Exogenesis I, II et III) tentées par le groupe peuvent être contestées, mais Muse ne rechigne pas à essayer, et Absolution avait posé les bases : Bellamy recherche cette filiation avec les grands compositeurs qu’il admire, Rachmaninov, Chopin, ou Liszt, et il veut transposer les symphonies ou les nocturnes en pièces rock, en opéras miniatures, sa voix aidant.

MK Ultra, Uprising ou United States of Eurasia ne surprennent pas, si ce n’est lors de certaines transitions mêlant musique orientale et arrangements à la Queen. On peut ne pas aimer, mais en aucun cas blâmer Muse pour ce qu’il est : une formidable machine à créer, à tordre dans tous les sens la musique, pour en extraire le meilleur.



N comme Nada Surf, qui nous livre un bon cru de reprises avec If I Had A Hi-Fi. Et Nada Surf chante en français et en espagnol! Egalement en anglais (Enjoy The Silence notamment), mais ça surprend moins. La cover de Bye-Bye Beauté, initialement de Coralie Clément, la sœur de Benjamin Biolay, est superbe.





O comme Agnès Obel : il était difficile, eut égard à la promotion dont a bénéficié l'artiste, de passer à côté de Philarmonics cette année. Mais il est relativement facile de comprendre pourquoi.

Se démarquer est de plus en plus ardu actuellement, dans la mêlée de chanteurs et chanteuses s’appuyant sur un piano et/ou une guitare et une jolie voix. Alors, l’instrumentation ou les mélodies peuvent faire la différence, ainsi que le timbre et la technique vocale. Chez Agnès Obel, c’est un peu tout ça qui impressionne et la place au-dessus : l’ensemble est pour le moins originale, et la démarcation est elle très réussie.



P comme Pantha du Prince, producteur génial d’une électronique tortueuse basée sur des sons enregistrés dans un chalet de montagne. Black Noise est une curiosité électronique noire parfois presque dancefloor/techno, et incroyablement novatrice : grâce au faisceau de sons balayés, entre les ultra graves et les ultra aigus, le rendu est époustouflant. A écouter sur de bonnes enceintes donc, et à fond la caisse.



Suite et fin la semaine prochaine !
La playlist Deezer l'EPICier 2010 vaudra sinon mieux qu'un long discours :-)

mardi 15 mars 2011

Arrivage pas frais

L'EPICerie, rayon musique : les albums de 2010

Comme me le rappelait Ad hier, il est un peu tard pour envisager une rétrospective de 2010 en mars… mais chez l’EPICier, nous nous affranchissons des règles d’usage des distributeurs habituels. Arrêtez donc quelques instants votre caddie pour faire votre choix parmi notre sélection de 26 items : les différents arrivages musicaux de nos fournisseurs nous ont obligé à un tri, plus que sélectif, mais d’autant plus exigeant ! Rétro de l’année musicale, partie 1 :

A comme Arcade Fire. Je crois que tout a été dit, sur votre blog préféré (l’EPICier, je précise) par Ad. C’est ici.


B comme les Black… Keys, qui auraient aussi pu s’appeler les Blue Keys, tant certains passages vocaux ou solos de guitare me rappellent Elmore James, Ray Charles ou Muddy Waters (Sinister Kid, I’m Not The One). On peut juste regretter le léger manque de variété de Brothers, par rapport aux albums antérieurs. Par contre, mention spéciale pour la pochette de l’album.




C comme Elvis Costello. Tout comme dans sa carrière, il y a un joyeux melting-pot de personnalités et de chansons dans National Ramson, le dernier album de Costello, tantôt maître dandy crooner, tantôt meneur de ballades psychédéliques. Les univers explorés par l’irlandais sont multiples. Jimmie Standing In The Rain est appelée à devenir un classique.





D comme Damian Marley, dernier fils de Bob, qui navigue entre les sonorités de guitare « à l’ancienne » comme les faisaient papa, et de nouveaux groove clairement rap et R’n’B, au niveau des beats de batterie notamment. Distant Relatives (signé en duo avec Nas) est loin de Halfway Tree, mais Damian Marley prouve qu’il n’est pas seulement « fils de ». Petit coup de coeur pour Friends.




E comme Eels – qui, prolifique, a sorti deux albums en 2010, End Times et et Tomorrow Morning. Peut-être pas aussi bons que Hombre Lobo, mais riche en créativité, comme toujours avec le groupe.


F comme Frédéric Chopin, dont c’était l’année en 2010. Le compositeur et pianiste est né en 1810. Il n’a malheureusement pas sorti d’albums en 2010, mais un de nos contemporain est heureusement là pour nous remémorer une de ses œuvres romantique majeures : Yundi Li.


G comme Grinderman. Après une collaboration passagère avec Warren Ellis pour la réalisation des bandes originales de L’assassinat de Jessie James par le lâche Robert Ford et La Route, Nick Cave revient au rock brut et sauvage. C’est efficace et jouissif.



H comme Hurts. Depeche Mode ? Sur le beat d’ouverture de l’album, on dirait. Les Killers ? Sur Blood, Tears & Gold, certains passages nous y font penser. Mickael Jackson ? Du R’n’B ? Un boys band ? U2 ? Coldplay ? Linkin Park ? Il y a beaucoup d’influences dans l’album Happiness de Hurts…et au final, ça ne dérange pas plus que ça parce qu’en fait, oui, mélanger les styles, il y en a qui font ça encore très bien, non ?






I comme I Am Kloot. Sky At Night est un bel album de pop chaleureuse et lyrique à écouter au coin du feu. du feu.


J comme Janelle Monae, un album qui me réconcilie avec le R'n'B, au sens moderne du terme. Peut-être grâce à la variété des styles que l'on trouve dans Archandroïd, où sans en faire trop, la jeune chanteuse parvient à trouver un subtil équilibre entre le lyrisme de sa voix impeccablement maîtrisée et l'arrangement tantôt rock, tantôt aérien, tantôt musique classique de ses compositions.






La suite de la sélection la semaine prochaine !

mardi 1 mars 2011

Le 7eme Ach !

Bien le bonjour chers clients,

c'est après une longue absence due à une négo avec des fournisseurs chronophage que je reviens vers vous, non pas "en ce moment décisif", comme l'avait lancé Ian McKellen alors dans le role de Gandalf.
Non, je reviens vers vous pour un petit PAF dans l'actu, après un weekend très orienté 7ème art, je vous offre un petit recap des moment les plus what the fuck, ou (spolier alert!) ouate de phoque.

Je me permet donc à mon tour un Grand Détournement, après "Comme au Cinema", voici, "Comme dans son sofa", l'émission des gens qui regardent des films avachis dans leur canap.


On commence par les césars, surtout parce qu'il n'y a pas grand chose à dire, vu que la cérémonie a été plus rasoir encore que ne peuvent l'etre les Moliere.
On notera quand meme que James Franco qui présentait la cérémonie, était donc quasi sur de ne pas avoir de prix, malgré une performance à couper... le souffle dans 127h de Dany Boyle.
On a quand meme eu droit à ca de la part de ce sacré farceur de James :



... Les bras m'en tombent ! (quel sacré jeu de mot, ca fait 1 semaine que je cherche à le placer!)
Heureusement James Franco c'est aussi Freaks and Geeks, avec, entre autres, Seth Rogen, et Jason Segel (HIMYM), ou encore John F Daley (Bones) et Samm Levine (Inglorious Basterds).



Bon mais heureusement Samedi, il y a eu les Césars.
Et Quentin (lire : 'couenne tine') Tarantino a bien compris que c'était Ze plèsse tou bi, comme le prouve le vibrant hommage que lui a rendu Antoine de Caunes:



et mettre le ministre de la culture mal à l'aise ne semblait pas chose aisée !

On a aussi eu le fantastique Francois Damiens, qui visiblement n'a toujours pas compris :



Mais surtout au détour d'une rétro sur la carrière de Bernard Gireaudeau, on a eu droit à ce moment Cultissime de Goutes d'eau sur Pierre Chaudes :



Et moi qui vit en Allemagne ca m'a forcément beaucoup touché !
Alors pour que vous ne soyez pas en manque, la version en entier, et en Playback de Tony Holiday et de sa veste rouge, qui mériterait à elle seule un article entier sur votre blog préféré (oursinophile du 67 ne compte pas).



C'est ca le cinema, c'est beau comme un bon WTF!

samedi 26 février 2011

Radiohead : envers et contre les masses.

Critique à l’usage du plus grand nombre.


Chez l’EPICier, on aime Radiohead. En tout cas, j’aime Radiohead. Je fais partie de ces snobs prosélytes qui vous cloueraient au pilori si vous aviez le malheur de dire que Radiohead c’est « surfait », « chiant » ou encore « geignard ». Toute sortie d’album a valeur d’événement pour moi. C’est comme ça. Sur demande spéciale, voici une critique du Radiohead nouveau, mais qui prend le parti de s’adresser aux néophytes comme aux fans. Histoire de laisser aux critiques tout-puissants des grands noms de la presse rock leurs petits pré-carrés, eux qui voient dans le blog la démocratisation – et donc la mise à mal – de leur métier.

Le dernier album de Radiohead, The King of Limbs, est sorti le 19 février et a pris tout le monde de court. Aucune promotion. Aucun signe annonciateur. Rien. Peu surprenant toutefois, puisque le groupe a toujours fonctionné sur le contrepied, musical comme commercial. In Rainbows, ça vous dit quelque chose ? Un vrai doigt d’honneur à l’industrie musicale : un album disponible en téléchargement sur le site du groupe trois mois avant sa sortie chez les disquaires, à un prix fixé par l’acquéreur, la gratuité en option. Fort de sa réputation et de ses deniers, le groupe en écoula 3 millions de copies en 10 mois. Comme disent les américains : bravo.

Pour ce nouvel album, plus de gratuité mais toujours le téléchargement. Plusieurs formats disponibles : MP3, WAV, coffrets collectors. Et des prix fixes. Un site de téléchargement est de nouveau mis en place. Radiohead refait un pied de nez aux circuits de distribution classiques et à leurs lourdeurs en se rapprochant du modèle iTunes. On s’éloigne ainsi de la révolution (et de la gratuité) de In Rainbows, mais c’est sans doute le prix à payer pour continuer à être libre de tout label et pouvoir vendre la musique que l’on souhaite créer. Mais trêve de mercantilisme. On pré-réserve, on télécharge, on dézipe et on écoute.

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Avant de commencer, pour tous ceux qui ne connaissent pas Radiohead et qui souhaiteraient en savoir plus, laissez-moi vous briefer (les autres, passez au chapitre suivant). C’est indispensable pour comprendre The King of Limbs. Ecoutez d’abord ces morceaux, emblématiques de chacun des sept albums précédents.

1993 – Creep Pablo Honey

1995 – Just The Bends

1997 – Paranoid AndroidOK Computer

2000 – IdiotequeKid A

2001 – I Might Be WrongAmnesiac

2003 – There ThereHail to the Thief

2007 – ReckonerIn Rainbows

Pas besoin d’être le rédacteur en chef des Inrocks pour comprendre que Radiohead est un groupe reconnu pour ses expérimentations musicales. Leur marque de fabrique, c’est de savoir façonner des albums qui gardent comme bases les éléments les plus intéressants des albums précédents tout en y incorporant les meilleures trouvailles résultant de leurs efforts d’expérimentation permanents. Ainsi, leurs albums sont très différents les uns des autres mais on peut toujours percevoir à chaque fois ce qui raccroche un nouvel album à son prédécesseur.

Leur créativité est néanmoins un atout à double tranchant, puisque depuis désormais 18 ans, le public s’attend à être radicalement surpris à chaque nouvel album du groupe par des innovations toujours plus pointues. Nous sommes bien sûr habitués à toujours retrouver la voix torturée de Thom Yorke, ainsi que les créations bruitistes ou mélodieuses de Jonny Greenwood et d’Ed O’Brien, les signatures rythmiques improbables de Phil Selway et les lignes de basse ad hoc de Colin Greewood. Mais nous y ajoutons des attentes toujours plus exigeantes en matière d’atmosphères, d’instrumentations, de progressions harmoniques, d’émotions. Autant on attend peu d’un album des Jonas Brothers à un autre, autant on espère toujours une sorte de miracle à l’arrivée d’un nouveau Radiohead. Ce huitième opus se devait donc de s’inscrire dans la continuité s’il voulait éviter l’opprobre. Sauf que, comme je le disais, Radiohead aime le contrepied et cet album n’y fait pas exception. Voilà qui est dit. Passons à la première écoute.

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« The King of Limbs ». Huit pistes. 38 minutes. C’est court. Verdict immédiat : WTF ?!?

Oui, un bon gros WTF, car à la première écoute, on ne retrouve aucun des éléments que l’on apprécie chez Radiohead et on trouve tout ce que l’on a apprécié ne jamais trouver chez eux jusqu’à lors.

Alors, que trouve-t-on ? Tout d’abord, au lieu de huit morceaux distincts, que tout doit opposer sur le fond comme sur la forme, on se retrouve avec une masse homogène et plate, sans sommet ni fosse, qui donne l’impression qu’il ne s’est rien passé. On s’est fait chier. Aucune mélodie ni parole ne viendra s’incruster dans notre cerveau pour les semaines à venir. On ne se souvient même pas avoir entendu de guitares. L’ensemble ressemble à un millefeuille brouillon de textures, recouvert de basse et de boîtes à rythmes. Du Radiohead pas très bio, 100% synthétique. Les meilleurs instants semblent être ceux où l’on croît retrouver des segments de morceaux précédents, comme sur le break de Little by Little qui rappelle celui de Reckoner.

La déception est comparable à celle qui suivit la sortie de In this Light and on this Evening des Editors. L’électronique avait submergé l’identité d’un groupe qui savait pourtant parfaitement manier guitares et pianos, comme le prouvèrent An End Has a Start et The Back Room. Noyer au lieu d’enrichir, voilà comment se franchit la ligne blanche et c’est ce que Radiohead semble avoir fait sur cet enregistrement.

Alors, on réécoute. Parce qu’on ne veut pas en rester là et parce qu’on se souvient de notre réaction autrement plus consternée il y a une dizaine d’années à la première écoute du diptyque Kid A / Amnesiac. Et surtout parce qu’à l’époque, on avait eu tort.

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Au final, il faudra plus qu’une deuxième écoute pour se laisser séduire. Il en faudra plutôt cinq ou six, ce qui s’explique assez simplement, en définitive. C’est le temps qu’il faut pour garder en tête les constructions d’un album qui fait définitivement tout pour ne pas s’incruster dans notre mémoire, ayant au passage le bon goût de ne pas nous écœurer. En effet, pas de refrains, pas de gimmicks, ce qui nous change de nos (mauvaises) habitudes musicales.

On se demande à quoi on fait face et pour décrire cela, je dirais que The King of Limbs, c’est comme une galerie d’art contemporain. Tenez, faites la comparaison : une toile de Mark Rothko ne vous suppliera jamais de l’aimer à coup de thèmes aguicheurs ou de couleurs apaisantes. C’est à prendre ou à laisser. C’est vous qui devrez essayer de comprendre l’œuvre afin de l’aimer. Cela demande plus d’efforts, c’est vrai. Alors si vous n’êtes pas une feignasse insensible et que vous avez l’intention d’aimer cet album, sachez que le comprendre nécessitera votre totale attention, afin de vous libérer de vos préconçus musicaux et surtout afin de vous laisser submerger. Vous ne pourrez pas juste l’entendre. Il vous faudra l’écouter.

En écoutant cet album plusieurs fois, vous finirez par retrouver les guitares. Elles sont omniprésentes, mais le groupe les déguise tellement qu’on ne les reconnaît plus à moins de connaître soi-même les effets utilisés. Déformées pour devenir échos sur Bloom, elles deviennent presque percussions sur Morning Mr Magpie à coups de palm-mute et de delays. Reines sur Little by Little, parfois acoustiques sur Give Up the Ghost, elles sont passées au phaser sur Separator. L’instrumentation est extrêmement complexe et travaillée, au point qu’il en est parfois impossible d’être certain du choix des instruments utilisés pour produire tel ou tel son.

Néanmoins, dans ce qui semble presque être un album électronique, l’essentiel des sons produits sont d’origine « organique » (piano, batterie, guitare, basse, voix). C’est là le vrai talent de Radiohead : ils arrivent à transformer ces sons « organiques » en matière synthétique via des déluges d’effets dont ils ont le secret. En cela, ils sont dans l’optique inverse de groupes comme Kraftwerk, qui à partir d’instruments électroniques essayaient de reproduire des ambiances réalistes. Réécoutez Autobahn à l’occasion. Toutefois, Radiohead sait aussi faire cela et si vous voulez une preuve de ce talent et de cette maîtrise technique, écoutez-les transformer des fréquences de bruit blanc en chants d’oiseaux entre Codex et Give Up The Ghost.

Ce sont justement ces dizaines de petites prouesses techniques qui donnent à cet album du relief et qui font sa qualité. Il faut juste savoir y prêter attention. Qu’il s’agisse de rythmiques alambiquées, d’assemblages complexes de percussions, de la façon de traiter la batterie en la samplant puis en la reconstituant, de la basse qui vient hanter ces morceaux, The King of Limbs a cette qualité qu’ont également les bons hamburgers : l’ensemble a plus de valeur en soi que la somme des valeurs des parties qui le composent. Les atmosphères fantomatiques ainsi créées (qui font d’ailleurs écho à la pochette de l’album), pour peu que vous les laissiez agir, sont transcendantes.

The King of Limbs est l’album anti-pop par excellence. Ses titres ne feront pas chanter dans les stades, ils n’inonderont pas nos radios et nos écrans de télévision, ils n’encourageront certainement pas beaucoup d’adolescents à se mettre à la guitare. Mais voilà un album qui nous pousse à aimer, et surtout à aller chercher, une beauté bien plus enfouie que celle d’un arrangement de cordes ou d’une mélodie chiadée. Ce n’est pas un album que vous passerez en soirée, ni un album que vous écouterez en voiture, ni en faisant du sexe. Il vous invite plutôt à l’écouter au casque, la nuit, allongé quelque part, en regardant ce que vous ne regardez plus : le ciel, votre plafond, vous-même. Bref, cet album vous incite à faire une pause et vous invite à la contemplation.

Il y’a toutefois un constat définitif : cet album est indéchiffrable – et donc très certainement inappréciable – pour tous ceux qui ne connaissent pas le reste de la discographie du groupe. Sans cette clef de compréhension, cet album demeurerait un OVNI qui n’intéresserait que les amateurs de musiques électroniques et/ou de rock expérimental, qui trouveraient d’ailleurs cet enregistrement trop bâtard pour être réellement rangé dans l’un ou l’autre de ces deux genres.

C’est ce qui fait de Radiohead un groupe à part dans le monde du rock contemporain. Voyez comme il est difficile d’évaluer cet album sur les critères avec lesquels nous jugerions un album rock, ou même les précédents albums du groupe. En effet, grâce à leur système de production et de distribution autogérés, Radiohead n’est plus contraint de produire des tubes. Ils n’ont plus à respecter les formatages imposés par les maisons de disques et les radios (comme par exemple devoir amener un refrain avant la première minute). C’est un album fait par des musiciens pionniers pour des musiciens curieux. Tout du moins pour de véritables mélomanes.

Snob ? Certainement. Mais Radiohead n’est pas là pour verser dans le consensuel. Qu’importe ceux qui chantent le diktat de la culture pour tous, le débat a déjà eu raison d’eux. Le rock d’aujourd’hui a besoin de pionniers et si parfois les fruits de leurs découvertes dérangent, sans controverse nous stagnerions. Ce disque s’engage envers et contre les masses. Ce disque est un disque libre, qui se fout de l’avis des gens. Aujourd’hui, être bien-pensant, ce n’est plus aimer Radiohead bigotement, mais c’est refuser que la musique avance au nom de la démocratisation culturelle forcée. The King of Limbs est à prendre ou à laisser, comme je vous le disais. Mais à le laisser, vous passeriez à côté non pas d’une avancée musicale, mais avant tout du bonheur simple qu’est celui de mettre son existence entre parenthèses pour une quarantaine de minutes, en laissant libre court à son imagination, à regarder passer les avions et à croire que tout va bien. A croire en la plénitude. Ce qui, au final, me semble accessible à tous, pour peu que chacun y mette du sien.