samedi 26 février 2011

Radiohead : envers et contre les masses.

Critique à l’usage du plus grand nombre.


Chez l’EPICier, on aime Radiohead. En tout cas, j’aime Radiohead. Je fais partie de ces snobs prosélytes qui vous cloueraient au pilori si vous aviez le malheur de dire que Radiohead c’est « surfait », « chiant » ou encore « geignard ». Toute sortie d’album a valeur d’événement pour moi. C’est comme ça. Sur demande spéciale, voici une critique du Radiohead nouveau, mais qui prend le parti de s’adresser aux néophytes comme aux fans. Histoire de laisser aux critiques tout-puissants des grands noms de la presse rock leurs petits pré-carrés, eux qui voient dans le blog la démocratisation – et donc la mise à mal – de leur métier.

Le dernier album de Radiohead, The King of Limbs, est sorti le 19 février et a pris tout le monde de court. Aucune promotion. Aucun signe annonciateur. Rien. Peu surprenant toutefois, puisque le groupe a toujours fonctionné sur le contrepied, musical comme commercial. In Rainbows, ça vous dit quelque chose ? Un vrai doigt d’honneur à l’industrie musicale : un album disponible en téléchargement sur le site du groupe trois mois avant sa sortie chez les disquaires, à un prix fixé par l’acquéreur, la gratuité en option. Fort de sa réputation et de ses deniers, le groupe en écoula 3 millions de copies en 10 mois. Comme disent les américains : bravo.

Pour ce nouvel album, plus de gratuité mais toujours le téléchargement. Plusieurs formats disponibles : MP3, WAV, coffrets collectors. Et des prix fixes. Un site de téléchargement est de nouveau mis en place. Radiohead refait un pied de nez aux circuits de distribution classiques et à leurs lourdeurs en se rapprochant du modèle iTunes. On s’éloigne ainsi de la révolution (et de la gratuité) de In Rainbows, mais c’est sans doute le prix à payer pour continuer à être libre de tout label et pouvoir vendre la musique que l’on souhaite créer. Mais trêve de mercantilisme. On pré-réserve, on télécharge, on dézipe et on écoute.

**********

Avant de commencer, pour tous ceux qui ne connaissent pas Radiohead et qui souhaiteraient en savoir plus, laissez-moi vous briefer (les autres, passez au chapitre suivant). C’est indispensable pour comprendre The King of Limbs. Ecoutez d’abord ces morceaux, emblématiques de chacun des sept albums précédents.

1993 – Creep Pablo Honey

1995 – Just The Bends

1997 – Paranoid AndroidOK Computer

2000 – IdiotequeKid A

2001 – I Might Be WrongAmnesiac

2003 – There ThereHail to the Thief

2007 – ReckonerIn Rainbows

Pas besoin d’être le rédacteur en chef des Inrocks pour comprendre que Radiohead est un groupe reconnu pour ses expérimentations musicales. Leur marque de fabrique, c’est de savoir façonner des albums qui gardent comme bases les éléments les plus intéressants des albums précédents tout en y incorporant les meilleures trouvailles résultant de leurs efforts d’expérimentation permanents. Ainsi, leurs albums sont très différents les uns des autres mais on peut toujours percevoir à chaque fois ce qui raccroche un nouvel album à son prédécesseur.

Leur créativité est néanmoins un atout à double tranchant, puisque depuis désormais 18 ans, le public s’attend à être radicalement surpris à chaque nouvel album du groupe par des innovations toujours plus pointues. Nous sommes bien sûr habitués à toujours retrouver la voix torturée de Thom Yorke, ainsi que les créations bruitistes ou mélodieuses de Jonny Greenwood et d’Ed O’Brien, les signatures rythmiques improbables de Phil Selway et les lignes de basse ad hoc de Colin Greewood. Mais nous y ajoutons des attentes toujours plus exigeantes en matière d’atmosphères, d’instrumentations, de progressions harmoniques, d’émotions. Autant on attend peu d’un album des Jonas Brothers à un autre, autant on espère toujours une sorte de miracle à l’arrivée d’un nouveau Radiohead. Ce huitième opus se devait donc de s’inscrire dans la continuité s’il voulait éviter l’opprobre. Sauf que, comme je le disais, Radiohead aime le contrepied et cet album n’y fait pas exception. Voilà qui est dit. Passons à la première écoute.

**********

« The King of Limbs ». Huit pistes. 38 minutes. C’est court. Verdict immédiat : WTF ?!?

Oui, un bon gros WTF, car à la première écoute, on ne retrouve aucun des éléments que l’on apprécie chez Radiohead et on trouve tout ce que l’on a apprécié ne jamais trouver chez eux jusqu’à lors.

Alors, que trouve-t-on ? Tout d’abord, au lieu de huit morceaux distincts, que tout doit opposer sur le fond comme sur la forme, on se retrouve avec une masse homogène et plate, sans sommet ni fosse, qui donne l’impression qu’il ne s’est rien passé. On s’est fait chier. Aucune mélodie ni parole ne viendra s’incruster dans notre cerveau pour les semaines à venir. On ne se souvient même pas avoir entendu de guitares. L’ensemble ressemble à un millefeuille brouillon de textures, recouvert de basse et de boîtes à rythmes. Du Radiohead pas très bio, 100% synthétique. Les meilleurs instants semblent être ceux où l’on croît retrouver des segments de morceaux précédents, comme sur le break de Little by Little qui rappelle celui de Reckoner.

La déception est comparable à celle qui suivit la sortie de In this Light and on this Evening des Editors. L’électronique avait submergé l’identité d’un groupe qui savait pourtant parfaitement manier guitares et pianos, comme le prouvèrent An End Has a Start et The Back Room. Noyer au lieu d’enrichir, voilà comment se franchit la ligne blanche et c’est ce que Radiohead semble avoir fait sur cet enregistrement.

Alors, on réécoute. Parce qu’on ne veut pas en rester là et parce qu’on se souvient de notre réaction autrement plus consternée il y a une dizaine d’années à la première écoute du diptyque Kid A / Amnesiac. Et surtout parce qu’à l’époque, on avait eu tort.

**********

Au final, il faudra plus qu’une deuxième écoute pour se laisser séduire. Il en faudra plutôt cinq ou six, ce qui s’explique assez simplement, en définitive. C’est le temps qu’il faut pour garder en tête les constructions d’un album qui fait définitivement tout pour ne pas s’incruster dans notre mémoire, ayant au passage le bon goût de ne pas nous écœurer. En effet, pas de refrains, pas de gimmicks, ce qui nous change de nos (mauvaises) habitudes musicales.

On se demande à quoi on fait face et pour décrire cela, je dirais que The King of Limbs, c’est comme une galerie d’art contemporain. Tenez, faites la comparaison : une toile de Mark Rothko ne vous suppliera jamais de l’aimer à coup de thèmes aguicheurs ou de couleurs apaisantes. C’est à prendre ou à laisser. C’est vous qui devrez essayer de comprendre l’œuvre afin de l’aimer. Cela demande plus d’efforts, c’est vrai. Alors si vous n’êtes pas une feignasse insensible et que vous avez l’intention d’aimer cet album, sachez que le comprendre nécessitera votre totale attention, afin de vous libérer de vos préconçus musicaux et surtout afin de vous laisser submerger. Vous ne pourrez pas juste l’entendre. Il vous faudra l’écouter.

En écoutant cet album plusieurs fois, vous finirez par retrouver les guitares. Elles sont omniprésentes, mais le groupe les déguise tellement qu’on ne les reconnaît plus à moins de connaître soi-même les effets utilisés. Déformées pour devenir échos sur Bloom, elles deviennent presque percussions sur Morning Mr Magpie à coups de palm-mute et de delays. Reines sur Little by Little, parfois acoustiques sur Give Up the Ghost, elles sont passées au phaser sur Separator. L’instrumentation est extrêmement complexe et travaillée, au point qu’il en est parfois impossible d’être certain du choix des instruments utilisés pour produire tel ou tel son.

Néanmoins, dans ce qui semble presque être un album électronique, l’essentiel des sons produits sont d’origine « organique » (piano, batterie, guitare, basse, voix). C’est là le vrai talent de Radiohead : ils arrivent à transformer ces sons « organiques » en matière synthétique via des déluges d’effets dont ils ont le secret. En cela, ils sont dans l’optique inverse de groupes comme Kraftwerk, qui à partir d’instruments électroniques essayaient de reproduire des ambiances réalistes. Réécoutez Autobahn à l’occasion. Toutefois, Radiohead sait aussi faire cela et si vous voulez une preuve de ce talent et de cette maîtrise technique, écoutez-les transformer des fréquences de bruit blanc en chants d’oiseaux entre Codex et Give Up The Ghost.

Ce sont justement ces dizaines de petites prouesses techniques qui donnent à cet album du relief et qui font sa qualité. Il faut juste savoir y prêter attention. Qu’il s’agisse de rythmiques alambiquées, d’assemblages complexes de percussions, de la façon de traiter la batterie en la samplant puis en la reconstituant, de la basse qui vient hanter ces morceaux, The King of Limbs a cette qualité qu’ont également les bons hamburgers : l’ensemble a plus de valeur en soi que la somme des valeurs des parties qui le composent. Les atmosphères fantomatiques ainsi créées (qui font d’ailleurs écho à la pochette de l’album), pour peu que vous les laissiez agir, sont transcendantes.

The King of Limbs est l’album anti-pop par excellence. Ses titres ne feront pas chanter dans les stades, ils n’inonderont pas nos radios et nos écrans de télévision, ils n’encourageront certainement pas beaucoup d’adolescents à se mettre à la guitare. Mais voilà un album qui nous pousse à aimer, et surtout à aller chercher, une beauté bien plus enfouie que celle d’un arrangement de cordes ou d’une mélodie chiadée. Ce n’est pas un album que vous passerez en soirée, ni un album que vous écouterez en voiture, ni en faisant du sexe. Il vous invite plutôt à l’écouter au casque, la nuit, allongé quelque part, en regardant ce que vous ne regardez plus : le ciel, votre plafond, vous-même. Bref, cet album vous incite à faire une pause et vous invite à la contemplation.

Il y’a toutefois un constat définitif : cet album est indéchiffrable – et donc très certainement inappréciable – pour tous ceux qui ne connaissent pas le reste de la discographie du groupe. Sans cette clef de compréhension, cet album demeurerait un OVNI qui n’intéresserait que les amateurs de musiques électroniques et/ou de rock expérimental, qui trouveraient d’ailleurs cet enregistrement trop bâtard pour être réellement rangé dans l’un ou l’autre de ces deux genres.

C’est ce qui fait de Radiohead un groupe à part dans le monde du rock contemporain. Voyez comme il est difficile d’évaluer cet album sur les critères avec lesquels nous jugerions un album rock, ou même les précédents albums du groupe. En effet, grâce à leur système de production et de distribution autogérés, Radiohead n’est plus contraint de produire des tubes. Ils n’ont plus à respecter les formatages imposés par les maisons de disques et les radios (comme par exemple devoir amener un refrain avant la première minute). C’est un album fait par des musiciens pionniers pour des musiciens curieux. Tout du moins pour de véritables mélomanes.

Snob ? Certainement. Mais Radiohead n’est pas là pour verser dans le consensuel. Qu’importe ceux qui chantent le diktat de la culture pour tous, le débat a déjà eu raison d’eux. Le rock d’aujourd’hui a besoin de pionniers et si parfois les fruits de leurs découvertes dérangent, sans controverse nous stagnerions. Ce disque s’engage envers et contre les masses. Ce disque est un disque libre, qui se fout de l’avis des gens. Aujourd’hui, être bien-pensant, ce n’est plus aimer Radiohead bigotement, mais c’est refuser que la musique avance au nom de la démocratisation culturelle forcée. The King of Limbs est à prendre ou à laisser, comme je vous le disais. Mais à le laisser, vous passeriez à côté non pas d’une avancée musicale, mais avant tout du bonheur simple qu’est celui de mettre son existence entre parenthèses pour une quarantaine de minutes, en laissant libre court à son imagination, à regarder passer les avions et à croire que tout va bien. A croire en la plénitude. Ce qui, au final, me semble accessible à tous, pour peu que chacun y mette du sien.

mercredi 16 février 2011

Who the fuck is Arcade Fire?

Cours de rattrapage.

C'est avec ma plus belle voix de Nikos Aliagas que je vous annonce que le twit-buzz-clash du jour, c'est Arcade Fire !



Vous connaissez peut-être Arcade Fire. En tout cas, le reste du monde ne les connaît pas. Prenez à titre d'exemple cette comparaison en termes de recherches sur Internet entre Arcade Fire et Justin Bieber. Bieber, qui est étonnement populaire dans les pays reconnus pour l'intégration des transsexuels (Indonésie, Philippines, Brésil...), explose les recherches Google depuis son arrivée sur la scène médiatique en 2009. Alors qu'Arcade Fire ne produit qu'un léger bruit de fond depuis 2004. Seuls les médias semblent avoir un soudain intérêt pour eux depuis ces derniers jours.

Pourquoi ? Parce que le 13 février Arcade Fire a gagné le Grammy Award de l'album de l'année et que le surlendemain ils ont gagné le Brit Award des meilleurs groupe et album internationaux. Ainsi, en deux jours, ce groupe indépendant a priori inconnu du grand public, s'est retrouvé sous les feux des deux cérémonies les plus importantes de l'industrie musicale, et donc sous les yeux du grand public, qui s'exclame "Mais bordel, c'est qui Arcade Fire ?".

Sans déconner. On en a même fait un Tumblr avec les tweets de tous les gens qui se demandent d'où sortent ces illustres inconnus : Who is Arcade Fire?

Alors, si vous connaissez Arcade Fire, mazel tov. Sinon, petit cours de rattrapage, histoire de ne pas passer pour un ignare quand le twit-buzz-clash de la semaine arrivera jusqu'à votre machine à café. Et puis aussi histoire de faire du bien à vos oreilles.

Pour faire bref, Arcade Fire, ce sont sept multi-instrumentistes. Win Butler et son frère Will sont les deux seuls américains du groupe. Les cinq autres sont canadiens, dont Régine Chassagne, qui est la femme de Win.

Si l'année 2011 est manifestement leur année, Arcade Fire n'en est pas à son coup d'essai. Ils campent sur le devant de la scène rock indépendante depuis la sortie de leur premier album Funeral en 2004. En 2009, les Inrocks décerneront à cet album le titre de meilleur album des années 2000, devant le Is This It des Strokes et le Kid A de Radiohead.

S'ensuivront les albums Neon Bible en 2007 et The Suburbs en 2010, ainsi que plusieurs projets avec de grands noms de la réalisation comme Spike Jonze (clip de The Suburbs) ou Chris Milk (clip interactif de We Used to Wait). Leurs chansons seront reprises comme génériques pour le Super Bowl. Ils seront têtes d'affiches de plusieurs des plus grands festivals, comme Lollapalooza, Bonnaroo, Coachella, Rock en Seine, les Eurockéennes... Ils ont joué en duo avec Bruce Springsteen, U2, David Bowie... Ils ont même joué au gala d'investiture de Barack Obama. Bref, ils n'ont pas attendu d'avoir la reconnaissance du grand public pour faire leur petit bonhomme de chemin.

Ce qui est certain, c'est que si le monde entier continue à se demander qui est Arcade Fire, maintenant vous le savez, et de toute façon, vous auriez été amenés à le savoir. Au cas où, voilà leur page Wikipedia en français.

Et comme chez l'EPICier on ne fait pas que se toucher le poney et qu'on est vraiment sympas, nous vous avons mis l'intégralité des albums du groupe dans notre petit lecteur Grooveshark et nous vous proposons aussi ce live complet d'Arcade Fire au Madison Square Garden de New York, réalisé par Terry Gilliam, ancien Monty Python et réalisateur de Las Vegas Parano. C'est cadeau !

mardi 8 février 2011

Panem & Circenses

En français : De la bière, des chips et des bagnoles !

Pour tous ceux qui vivent dans une cave, ce week-end, c'était le Super Bowl Sunday !

Concurrent direct de Noël, Halloween et Thanksgiving, le Super Bowl est une institution aux Etats-Unis : c'est une véritable fête, ayant lieu une fois par an, toujours un dimanche, pour laquelle les amis et les familles se retrouvent, parfois déguisés, autour d'une abondance de bouffe et... d'un écran de télévision.

Aux Etats-Unis, c'est l'événement qui rameute le plus de monde devant le petit écran. Cette année, le Super Bowl aurait réalisé un audimat d'environ 111 millions de téléspectateurs, devenant ainsi le programme le plus regardé de l'histoire du pays, devant le Super Bowl de l'année dernière, qui détrôna le dernier épisode de la série M*A*S*H datant de 1983 !

A l'échelle mondiale, il n'y a que les enterrements qui fascinent plus les gens que le Superbowl. Michael Jackson, Lady Di, Jean-Paul II... Et puis des mineurs chiliens par-ci, l'homme sur la Lune par là...

Alors c'est quoi le Super Bowl, putain ? (Toujours pour ceux qui vivent dans une cave...)

C'est la finale du championnat de football américain. Oui, tout ça pour ça. Tout ça pour un sport mystérieux connu d'un seul pays, dont personne ne connaît toutes les règles, dont les stratégies semblent complètement obscures, et qui choisit pour son show de mi-temps un groupe dont nous ne connaissons les noms que de deux membres sur quatre (testez vous vous-même : Will I Am, Fergie, et ? eeeet ?).


Pour faire court, cette année, le Superbowl opposa les Packers de Green Bay aux Steelers de Pittsburgh. Les Packers ont gagné 31 à 25. Mon équipe favorite est celle des Chicago Bears, qui s'est fait botter le cul par lesdits Packers en demi-finale.

Vous vous dites sûrement "On s'en branle !". Et vous avez raison. Car au fond, la performance sportive n'est pas ce qui passionne le plus les foules. Non. Le Super Bowl, c'est avant tout la démesure. Des stades gigantesques, des innovations techniques, des déluges de junk food, des superstars pour le show de la mi-temps, et surtout les espaces publicitaires les plus chers du monde tout entier.

3 millions de dollars pour 30 secondes. Cette année, Chrysler s'est même offert un spot de 2 minutes pour 12 millions de dollars (même pas de ristourne pour les achats groupés...). A ce prix là, vous pensez bien que les spots se doivent d'être au top ! C'est le Super Bowl, bordel ! Alors on vous balance des superstars, de belles images, des slogans improbables, des scénarios superbement absurdes, etc. Au passage, voilà mon spot préféré. C'est plus de la pub, c'est de l'art, c'est du spectacle !

Nous vous laissons seuls juges. Voilà tous les spots. A vous de savourer. Mais vu qu'il y'a 63 spots cette année, nous n'allons pas vous laisser vous perdre au beau milieu de cette tornade de bière, de chips et de bagnoles. Nos recommandations :


Prix spécial du plus gros navet de l'année : Cowboys and Aliens.

vendredi 4 février 2011

Sans dé-cône-er...

Les joies de la mise en abîme...

Ante-scriptum : Ce texte est à lire avec la voix de Christophe Hondelatte.

Nous sommes le 27 janvier 2011.
Nous sommes au Caire. Nous sommes à Washington D.C.
Deux villes symboles de deux mondes que tout oppose : l'Orient et l'Occident.

Et pourtant, en ce jeudi de janvier, Le Caire et Washington D.C. auront un point commun : elles seront toutes les deux sous les feux des projecteurs. Mais une fois encore pour des raisons différentes.

Le Caire est en plein soulèvement. Ses rues sont le théâtre de violentes confrontations entre les opposants au gouvernement et ses partisans, encadrés par l'armée et la police. On rapporte déjà des victimes mais aussi des enlèvements de journalistes. Pas vraiment LOL donc, mais l'occasion de vous proposer cette poignante galerie de The Big Picture.

A Washington, le climat est radicalement différent. Alors que l'Egypte s'embrase, la moitié des Etats-Unis fait face à l'un des plus violents épisodes neigeux de ces dernières décennies, de type "thudersnow". On se croirait dans un blockbuster, en gros. Là encore, pas beaucoup de LOL à première vue. Sauf quand au milieu de ce désastre surgit un homme, en couverture du Washington Post : Ice Cream Guy !

Le mec improbable qui joue l'overkill : il tombe de la neige par containers entiers et le mec court dans la rue, en chemise avec un cône de glace à la pistache dans la main. Nor-mal.

Le pire, c'est que la réalité est aussi débile que ce que l'on s'imaginait : "Non, y'a forcément une histoire derrière ça. C'est impossible que le mec soit sorti juste pour acheter de la glace !". Hé bien si ! Zach Burroughs, c'est son nom, avocat de profession, est bien sorti de son cabinet par grand blizzard pour aller satisfaire une envie compulsive de crème glacée... VDM.

Il est d'ores et déjà devenu un meme et a sa propre page sur Know Your Meme.

Et c'est là que l'info devient belle. Que la poésie apparaît. Quand l'info la plus tragique peut faire place au LOL, juste le temps d'un petit rire nerveux. Car quand on fait un mash-up Le Caire vs. Washington D.C., ça donne ça :


Oui, tout ça pour ça. Bonne journée.